Sandra Dunkel, notre 3000ᵉ diplômée : « clarifier la ligne à suivre »
Jean-Yves Mercier

Sandra Dunkel, notre 3000ᵉ diplômée : « clarifier la ligne à suivre »

Jean-Yves Mercier

Trois mille. En une quinzaine d'années, trois mille personnes ont suivi le programme Self-Leadership. Derrière ce chiffre, il n'y a pas une statistique : il y a trois mille parcours, trois mille moments de vie, trois mille façons de se poser la même question — où est-ce que je veux vraiment aller ?

Le hasard a voulu que la 3000ᵉ soit Sandra Dunkel. Et parce que son histoire dit quelque chose de juste sur ce que ce chemin peut produire, nous avons eu envie de la raconter.

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Une dirigeante à un carrefour

Directrice générale de trois cliniques privées de Suisse romande, Sandra Dunkel cumule plus de vingt ans d'expérience dans la gestion opérationnelle et administrative d'entreprises de santé et de medtech, en Suisse comme à l'international. Autant dire quelqu'un qui connaît de près le poids des responsabilités.

Lors du long entretien qu'elle nous a accordé, elle se montre fidèle à sa réputation : peu du genre à reculer devant la complexité. Elle aime construire des stratégies, négocier des projets, naviguer entre des univers réglementaires exigeants. « Plus c'est compliqué, plus j'aime », glisse-t-elle dans un sourire. Ce qui la fait vibrer, c'est aussi repérer le potentiel chez les autres et le faire grandir : parmi ses plus belles fiertés, les personnes qu'elle a vues éclore et prendre leur envol.

Mais même les tempéraments solides traversent des zones de turbulence. Au moment de renouer avec le programme, Sandra sortait d'une longue période éprouvante : un environnement professionnel en pleine recomposition, une gouvernance floue, un décalage grandissant avec des valeurs qui ne lui ressemblaient plus. La question n'était plus seulement comment faire mieux, mais est-ce que je suis encore au bon endroit.

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Mettre des mots sur ce que l'on pressent

Ce que Sandra retient d'abord, c'est le pouvoir de la formalisation. Le programme a mis des mots sur des intuitions qu'elle portait sans les nommer.

Le premier de ces mots : environnement. Sandra a compris, noir sur blanc, à quel point son épanouissement dépend du terrain sur lequel on la laisse jouer.

« J'ai besoin de liberté pour performer. Quand on me fait confiance et qu'on me dit vas-y, c'est à toi, j'y vais, je m'éclate. Dès qu'on commence à me limiter, une coquille se ferme — je fais les choses parce que je dois les faire, mais plus avec la même passion. »

Ce constat en a déverrouillé un autre, plus délicat : celui de la confiance en soi. En travaillant sur son parcours, Sandra a réalisé qu'un environnement dévalorisant ne révèle pas un manque de confiance — il l'érode. La preuve ? Dès qu'il s'agissait de défendre ses convictions ou sa dignité, sa confiance était bel et bien là, intacte. Le problème n'était pas elle. C'était le décor.

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S'appuyer sur ses forces, pas colmater ses failles

Un principe l'a particulièrement marquée, au point qu'elle en fait aujourd'hui une conviction :

« Arrêtons de passer notre temps à travailler sur ce dans quoi nous ne sommes pas bons. Travaillons sur ce dans quoi nous excellons, et faisons-en une véritable expertise. »

Pour une dirigeante qui déplore un système, scolaire comme professionnel, souvent obsédé par la correction des faiblesses, cette bascule vers les forces a agi comme une libération. C'est aussi, dit-elle, ce qui distingue un bon accompagnement : un regard capable de voir « les pépites qui dorment » en chacun et de les faire éclore. Elle en parle avec l'image de ses années de patinage, quand un coach qui croyait en elle lui faisait réussir ce qu'elle se pensait incapable de faire.

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Sortir de la solitude de la direction

Il y a un dernier fil, plus discret mais essentiel : le collectif. Diriger est souvent un exercice solitaire. Retrouver un espace d'échange sincère, sans jugement, avec des pairs venus d'horizons et de cultures très différents, a compté autant que les outils eux-mêmes. Une communauté de personnes qui, chacune à leur manière, se posent les mêmes questions de fond.

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Le déclic : réorienter, décider

De tout cela est né un déclic. Non pas une révélation spectaculaire, mais une clarté nouvelle qui a changé sa manière de trancher. Sandra s'est remise à prendre des positions nettes, alignées sur ses valeurs — quitte à dire non, à se retirer d'une situation qui ne lui rendait plus justice, à assumer le prix de ses décisions. Car, comme elle le rappelle, l'inconfort d'une décision reste toujours préférable au coût de l'indécision.

Le soir de la convention annuelle du Self-Leadership Lab, en recevant son diplôme de 3000ᵉ, elle l'a dit simplement à l'assemblée : ce parcours lui a permis de se réorienter et de clarifier la ligne à suivre. Tout est là.

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Un mot pour tout dire

À la fin de notre échange, une dernière question — la plus difficile : un mot pour résumer ce qu'elle retient. Après un long silence, la réponse est tombée, nette.

« Impact. Impact personnel. Un impact sur ma réflexion, et sur mes décisions. »

Difficile de mieux dire. Et quant au fait d'être précisément la trois-millième ? Sandra sourit : « C'est un peu comme gagner au loto. Un beau chiffre. »

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À qui le recommanderait-elle ?

Sa réponse ressemble à son histoire. À toute personne qui doute d'être au bon endroit, sur la bonne place, avec les bonnes personnes, dans le bon environnement. À celles et ceux qui auraient besoin de revenir à leurs axes de compétence pour redécouvrir ce qu'ils valent vraiment.

Trois mille personnes ont déjà emprunté ce chemin. Sandra Dunkel en est une — et son passage nous rappelle pourquoi il existe : non pas pour donner des réponses toutes faites, mais pour aider chacun à retrouver la sienne.

Merci à Sandra pour sa confiance et la générosité de ses partages.

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