Trouver du sens à son travail, c’est d’abord se trouver soi-même
Jean-Yves Mercier

Trouver du sens à son travail, c’est d’abord se trouver soi-même

Jean-Yves Mercier

La quête de sens au travail est devenue un enjeu pour de nombreux actifs. Mais qu’est-ce qu’un travail qui a du sens ? Utilité de sa fonction, équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou épanouissement professionnel ? Peu importe le statut, chaque métier peut en réalité faire sens. À chacun toutefois de reconnaître comment, en allant chercher en nous, ce qui est le plus important pour soi.

Voici Arthur et Léa. Deux personnes, deux profils totalement opposés. Arthur a 39 ans et travaille pour un fonds d’investissement, l’un des plus importants en Europe. Un poste qui lui offre un salaire mensuel lui permettant de vivre très confortablement. En dehors de son bureau surplombant les toits de la cité, ce jeune papa s’implique au côté d’une ONG militant pour la préservation des océans. Léa est quant à elle journaliste pour un média en ligne. Son job, elle en a rêvé depuis toute petite et traite de sujets qui lui tiennent à cœur : droits des femmes, des personnes LGBTI+, antiracisme, écologie. Un métier passion pour lequel elle est payée au lance-pierres : à peine le Smic et de quoi se payer quelques verres entre amis.

Maintenant que nous avons brossé le portrait (léger) de ces deux personnes, interrogeons-nous : lequel des deux à un travail qui a du sens ? À cette question, il serait tentant de dire qu’il s’agit de Léa. Elle vit de sa passion et publie des sujets très engagés et engageants. Oui et non. Tous les deux ont en réalité un travail qui a du sens. Pour Arthur, le sens de son travail est la réalisation de soi : gagner de l’argent, avoir des promotions et être reconnu par ses pairs. Son militantisme, il le garde pour sa sphère personnelle. Pour Léa, le sens de son travail est sa contribution à la société, que ses articles aient un impact positif, qu’ils nous informent, nous éveillent. Quitte à faire une croix sur ses vacances au Lavandou.

Le sens au travail est donc très personnel.
Ce qui a du sens pour l’un n’en a pas nécessairement pour l’autre. Peut-être que le travail de Arthur et de Léa ne présente aucun sens pour vous. Chacun a sa propre définition, et il en revient à chacun de la définir. Mais comment ?

Trouver du sens à son travail : du sens collectif au sens individuel

La quête de sens au travail a toujours été ancrée dans notre société. Contrairement aux idées reçues, elle n’est pas une “lubie” des Millénials que certains qualifient de “génération autocentrée”. Depuis tout temps, l’Homme a cherché à trouver du sens dans son travail. Phénomène visible à travers l’exemple des artistes, pour qui l’expression de leur art a toujours été bien plus importante que leur bien-être matériel. Cette quête de sens s’est en revanche accentuée lorsque notre société est passée du modèle collectif au modèle individualiste, où la conscience et la réalisation de soi sont devenues centrales. Le “Nous” s’est transformé en “Je”, le “On” en “Moi”.

Il ne s’agit pas ici d’une forme d’égoïsme ; cette notion du “Je” s’est tout simplement développée par notre vie, qui fait que nous n’avons plus le même cercle restreint, le même “Nous”, de notre naissance à notre mort. Mais aussi par le fait que nous avons, d’une manière générale, davantage conscience de nous-mêmes. Par l’éducation et par davantage de temps hors du travail qu’aux siècles précédents, nous avons décidé que nous n’étions pas des robots ; chacun ressent sa propre individualité. Nous ne travaillons plus uniquement sur nos compétences techniques mais aussi sur nos compétences sociales : comment interagir avec les uns et les autres, comment se sentir bien individuellement pour entretenir des relations de meilleure qualité avec son environnement. La conscience de soi est aujourd’hui plus importante que la conscience collective. Et dès lors que nous avons cette conscience, nous cherchons à nous réaliser, à trouver un sens à ce que nous faisons.

Nous dessinons aujourd’hui 4 grands types de sens :
 

  • Pour certains, le sens signifie s’épanouir et grandir dans ce qu’ils font.
  • Pour d’autres, un travail qui a du sens est celui qui permet de gagner de l’argent, d’avoir des promotions ou encore d’être reconnu par ses pairs. Ce qui est le cas de notre Arthur.
  • Le sens peut également signifier “contribuer à quelque chose”. Cela peut être un travail qui a un impact environnemental ou sociétal comme Léa. Une couturière pourra également trouver du sens dans son travail par le fait qu’elle crée des robes qui mettront en valeur et en confiance les femmes. 
  • Enfin, le sens du travail peut être défini par rapport à son cercle social ou par rapport à son entreprise. “Je contribue à la croissance de ma boîte”. Cela peut également être par rapport à la famille. “Je travaille ainsi pour que ma famille soit bien”.

Le sens qui nous habite dépend de chacun de nous. Nous pouvons en avoir plusieurs mais rarement les quatre. À nous de les choisir en fonction de nos attentes, de ce qui nous importe le plus à un instant T de notre vie. Cette quête de sens n’est pas réservée à une élite, à une poignée de privilégiés. Il est tout à fait possible de trouver son sens dans un job alimentaire ou peu valorisé aux yeux de la société parce qu’il nous permet de subvenir à nos besoins, d’être en lien avec d’autres personnes, ou parce qu’il nous permet de consacrer du temps à notre vie personnelle, notre famille. Tant que cela nous convient, cela fait sens ! Et c’est cela qui est le plus important dans cette notion qu’est d’avoir “un travail qui a du sens”.

Une introspection nécessaire pour trouver du sens à son travail

Le sens est avant tout un cheminement personnel. Mais dans cette perte de sens, nombreux sont ceux à mettre la faute sur l’entreprise, pensant que ce sont aux organisations de changer. Une pensée illusoire :  une entreprise ne peut en effet donner un sens collectif - une vision, un cap commun - qui puisse correspondre aux besoins individuels de chacun.

Elle peut en revanche proposer un cadre offrant des espaces pour que chaque collaborateur puisse en définir son propre sens. À elle toutefois d’être claire sur le sens collectif déclaré pour que chacun puisse se positionner. Mais là encore, finalement, il y aura un travail personnel à accomplir pour dessiner ce sens et savoir ce qui est important pour soi. Que souhaite-t-on ? Qui veut-on être ? Vers quoi veut-on aller ?

Trouver son sens passera donc inévitablement par se trouver soi-même, en travaillant son self-leadership, pour se comprendre et comprendre son milieu, et ainsi déceler ce qui nous correspond réellement : le sens personnel de notre action au sein de notre environnement.

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