Coacher ou confronter ?
Jean-Yves Mercier

Coacher ou confronter ?

Jean-Yves Mercier

Pour être reconnu, de nos jours, un coach se fait certifier.

Louable intention. Mais qui, comme toute démarche de certification, conduit à la standardisation. Maïeutique, questionnement, accompagnement.

Or chaque coaché est différent. Et chaque coaché a un besoin personnel.

La formule la plus personnalisée de développement professionnel accoucherait-elle alors d'une pratique dépersonnalisée ?

Lorsqu’un dirigeant me demande plus ou moins clairement d’être coaché, je teste s’il est vraiment ouvert à la confrontation. Ou s’il ne désire au contraire que des outils pour résoudre ses problèmes rapidement. Ou simplement valider ce qu’il pense. Dans ces 2 derniers cas je m’ennuie et je passe mon chemin.

Si un dirigeant cherche à être confronté, se pose alors la seconde question : à lui-même ou à ma propre vision subjective ?

Cette question est plus intime, tant la confrontation implique projection, ne serait-ce que par le choix des questions. Alors, pour le confronter à lui ou à elle-même, ce qui est le but pour ne pas imposer des recettes toutes faites, j’assume ma subjectivité. Je partage mes sentiments, mes réflexions, mes interprétations. Ça marche si la personne face à moi a déjà assez d’assise pour ne pas plonger dans mes mots, mais pour aller chercher en elle ce que ces mots déclenchent, révèlent. Et pour construire SA réponse. Conclusion ?

Une personne peu influençable va grandir par un coaching confrontant, autour de son ADN personnel.

Et oui, une personne  influençable peut se faire influencer. C'est pour cela qu'il est effectivement nécessaire d'avoir aussi des méthodes de coaching plutôt basées sur le questionnement. Et des formations au coaching qui permettent d'apprendre à ne pas se projeter sur son client.

Le parcours de formation-coaching Self-Leadership s'appuie sur ces deux dimensions. Un coach permet d'employer la maïeutique lorsqu'elle est utile. Et le co-coaching entre pairs, forcément non professionnels, permet à chacun de recevoir les questions brutes comme les feedbacks confrontants de ses pairs, avec confiance. Au bout du compte, selon son besoin du moment, chacun y puise la voie pour se trouver lui-même. Ce qui, plus que la méthode, reste la question importante.

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